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70Junot
72Assomption

71. Vilin, souvenir 3

décembre 1971

Lieux
Décembre 71
Vilin
Souvenir

« Bar du Pont-Royal1 »
3-1-72
18 h

Rentré à 16 h 45 ; obligé très vite de redescendre pour appeler d’urgence Strauss au sujet du film de J[ean]-F[rançois] Adam2.

Du coup au « Bar du Pont-Royal » désert.

Nul souvenir retrouvé de la rue Vilin3.

Ou bien, à l’instant, l’impression que je jouais dans la rue et qu’il y avait des pavés de bois – cette impression peut venir d’une conversation avec un chauffeur de taxi (hier après-midi, revenant avec P[aulette] de chez Henri Chav[ranski] rue Lakanal) disant que le Paris d’avant guerre était beaucoup plus bruyant que le Paris d’aujourd’hui, à cause des roues de voitures, des fers des chevaux et des pavés (de bois).

Autre souvenir : L’Île rose de Charles Vildrac4.

Très vague : après guerre, je serais revenu une fois rue Vilin et j’aurais joué avec un garçon de mon âge (grassouillet) avec [lequel] j’aurais déjà joué avant guerre, cependant qu’Esther parlait avec sa mère.

Souvenirs rappels :

– L’ours : je cours dans la rue des Couronnes brandissant un ourson brun que j’ai dessiné, en courant et en criant.

– La dégradation : à la suite d’une bousculade, on m’enlève la médaille que j’ai gagnée.

– La clé d’or : mon père me donne une clé (d’or). On la retrouve dans mes selles (?).

– La lettre : je reconnais une lettre sur un journal en yiddish (daleth ?).

C’est peu…

 

 

 

« Budget 72 » joint au texte 71.

NOTES

1 Voir le texte 19, n. 2.

2 En 1971, Perec et Jean-François Adam ont le projet d’un film, Les Oiseaux de la nuit, qui finalement ne se fera pas (voir le texte 51, n. 1) ; Jacques-Éric Strauss, producteur de cinéma qui venait alors de fonder sa société, President Films, devait en assurer partiellement le financement (voir les textes 75 et 97).

3 Cette notation montre bien le but recherché par Perec à travers la répétition et le rabâchage des « souvenirs » qui sont au cœur du dispositif de Lieux : un véritable forcement de la mémoire (ce même rabâchage ayant cependant peut-être un autre sens pour les « réels », davantage lié à l’espoir, par comparaison ultérieure, d’un gain de précision ou de complémentation, ou du constat du vieillissement des lieux). Ainsi, dans les souvenirs ici évoqués (même considérés comme peu nombreux par l’auteur), ceux qualifiés de « rappels » ont effectivement déjà été rapportés dans les précédents « souvenirs » de Vilin (textes 15 et 37) ; le souvenir du retour rue Vilin après-guerre avec Esther n’est en fait pas nouveau (il est déjà présent dans le texte 15), mais acquiert ici un détail supplémentaire (« grassouillet ») ; ceux des pavés de bois et de L’Île rose sont en revanche totalement inédits.

4 Roman pour enfants paru en 1924. Dans W ou le souvenir d’enfance, Perec écrit de la rue Vilin : « Il me semble qu’à l’époque de ma petite enfance, la rue était pavée en bois. Peut-être même y avait-il, quelque part, un gros tas de pavés de bois joliment cubiques dont nous faisions des fortins ou des automobiles comme les personnages de L’Île rose de Charles Vildrac » (Œ1, p. 693).

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