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24Contrescarpe
26Assomption

23. Junot, réel 1

décembre 1969

Lieux
Décembre 1969
Junot

30 décembre 1969
(recopié au Moulin le 01.01.1970)
13 h 30

Venant de la rue de Seine (y ayant déposé un échantillon du papier choisi quelques instants plus tôt pour mes chiottes1), je suis arrivé par le 95 jusqu’au cimetière Montmartre, en haut de la place Clichy.

Remonté la rue Caulaincourt, selon l’un des trajets les plus fréquemment utilisés pour aller voir les C[havranski].

La température extérieure est au maximum de 4° (selon une indication lumineuse non loin de Saint-Lazare, le matin) mais sans doute inférieure (peut-être fallait-il lire – 4° ?). En tout cas, il fait bougrement froid.

Arrêt-café au « Disque Bleu » en haut de la rue Caulaincourt, en face des marches qui mènent à l’avenue Junot (et constituent un tout petit raccourci par rapport à mon itinéraire normal).

Avenue Junot, en haut des marches :

En face à droite : clinique chirurgicale.

Même trottoir à droite : garage.

En face, n° 26, 28, 30… 34 : ateliers (petites maisons à grandes verrières, style biscornu).

39 : Hôtel « Alsina ».

41 : « La Table Ronde » : grill-bar, restaurant, ambiance (brr).

Un banc en face du 45.

Le 45 (ancien 6), le 47 (ancien 4), le 49 (ancien 2) : trois mêmes maisons de briquettes grises et pierres avec des balcons en avancée. On a aménagé des ateliers aux derniers étages (au niveau des toits).

À côté (51 ?) : autre immeuble en briques et pierres séparé du 49 par une construction en biais, genre escalier aboutissant à un grand escalier vitré.

Presque pas de monde.

Rares passants.

Froid.

36 (en face du 49) : immeuble en ateliers genre 1930.

38 : petite teinturerie.

Sur la place triangulaire, au croisement Junot-Caulaincourt, une statue. Je m’approche pour apprendre qu’il s’agit d’Eugène Carrière. Il a une sale gueule (un peu l’idée que je me fais de la gueule de Léon Bloy)2.

Boutiques moches.

Quartier con.

Départ pour le métro Lamarck-Caulaincourt3. Mon expédition aura duré en tout et pour tout une dizaine de minutes.

(J’apprends dans l’après-midi, en visite au bureau de D[avid], que l’un des passants était Jacqueline Lévy4.)

NOTES

1 Parenthèse absente de la prise de notes. Après de multiples recherches, Perec trouve un appartement à acheter 53 rue de Seine fin 1969, qu’il entreprend alors de meubler avec l’aide de Suzanne Lipinska (il y habitera à partir de février 1970) ; en juin 1972, il se décide à louer cet appartement trop petit à Jean-François Adam (voir le texte 51, n. 1) pour, avec l’argent du loyer, en louer un lui-même plus grand 85 avenue de Ségur (logement qu’il quittera au début de l’année 1974 pour acheter son dernier appartement, 13 rue Linné, après avoir vendu celui de la rue de Seine).

2 Tout le commentaire de cette dernière phrase est absent de la prise de notes. Eugène Carrière : peintre symboliste, habitant le quartier de Montmartre. Léon Bloy : écrivain et essayiste catholique, célèbre notamment pour ses pamphlets.

3 La prise de notes s’arrête ici.

4 Dans l’« Addendum » au second souvenir de la rue de l’Assomption (voir texte 26), Perec, se souvenant de ce « réel » de décembre, note qu’il est ensuite passé chez « David », c’est-à-dire au bureau de David Bienenfeld, son oncle, dont Jacqueline Lévy (ou Benoît-Lévy) fut l’assistante puis l’associée. On doit sans doute comprendre de cette notation un peu énigmatique que Jacqueline Lévy est précisément passée elle aussi avenue Junot au moment où Perec s’y trouvait mais qu’ils ne s’y sont pas aperçus.

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