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16Saint-Honoré
18Jussieu

17. Italie, souvenir 1

septembre 1969

Souvenir
N° 1
Septembre
Mil neuf cent soixante-neuf

Carros1
Mercredi 17 septembre
15 h

Il y a un peu de vent mais le ciel est encore très dégagé. Je suis à la terrasse de la petite maison. Au-delà de la petite vigne et des oliviers le regard porte sur Gattières en face, sur les larges bancs de sable du lit du Var et sur la mer tout au fond.

Octobre 52 : je rentre en première à Claude-Bernard

Octobre 53 : je rentre en philosophie à Étampes

Octobre 54 : je prépare Saint-Cloud2 à Henri-IV

Michel avait une année d’avance sur moi (n’ayant redoublé aucune classe) ; il faisait du droit. Il avait une chambre dans une maison d’étudiants boulevard Blanqui surtout réservée à des étudiants algériens.

Mes principaux souvenirs d’Italie sont liés à cette chambre. Cette chambre était minuscule. On la chauffait avec un poêle à butagaz qui dégageait une odeur très incommodante (j’ai revu plus tard un poêle de même nature, se déplaçant sur roulettes, mais je ne me souviens plus très bien où : peut-être chez Duv rue de la Glacière, ou alors dans la chambre qu’il nous prêta un soir à Carthage, la première année de son et de notre séjour en Tunisie3, ou bien chez H[enri] L[efebvre] à Navarrenx4 ?). Philippe, qui préparait une école appelée ETACA5, y vint plusieurs fois je pense. Noureddine y dormit à plusieurs reprises et y laissa une malle qui contenait deux draps, un litre d’eau de Cologne, et un bouquin cochon sans doute très rare mais vulgaire de ton (à côté des Nerciat6 et autres appartenant à la bibliothèque de M. L[amblin]7, que l’on avait entreposée dans le cagibi de ma chambre de l’Assomption et que j’avais pillée deux ans durant) et assez prodigieusement ennuyeux car il ne contenait que des descriptions de fessées, flagellations, bastonnades. Je ne me souviens que de la fin : ayant enfin découvert leurs goûts communs pour les diverses formes de tutu-panpan, le héros et l’héroïne se marient et donnent des soirées où tout le monde se met cul nu et se fait fouetter.

Plus tard M[ichel] R[igout] quitta cette chambre en laissant la malle à un de ses voisins (un Algérien dont j’ai oublié le nom, peut-être Rachid) ; Nour devait être à l’époque en Amérique ou alors encore à l’IDHEC8 où, après des années d’errance, il se mettait enfin à travailler un peu. En tout cas il ne récupéra pas la malle ni son contenu.

C’est dans cette chambre du boulevard Blanqui que j’écrivis une partie et tapai à la machine sans doute la totalité de mon premier roman, Les Errants. Ce devait être au cours de l’hiver 55-56 (je faisais de l’Histoire en Sorbonne9). Le premier texte qui allait s’incorporer aux Errants avait été écrit sur une plage de Cornouailles (à Rock ou non loin) au cours de l’été 54. J’avais ensuite écrit quelques notules à la NRF, puis un texte qui s’appelait « Les Barques »10. Puis j’avais été longuement, douloureusement, stupidement et d’une façon absolument gnangnan, amoureux de M[arie]–C[laire] H[erpin] qui, de tout temps éprise d’un Tunisien épais aux allures de flic, Jemmali, plus tard directeur de la SATPEC, aujourd’hui directeur d’une fabrique de bougies (pour voitures) en Tunisie11, s’était amourachée d’un albinos à peu près aussi con que moi (je me souviens d’une attente commune, assez loin l’un de l’autre mais nous observant, à la sortie du lycée Fénelon (?) rue Saint-André-des-Arts à côté de ce que je ne savais pas être le restaurant « Allard »), qu’elle avait un peu plus tard laissé choir pour finalement, au moment où j’étais le plus désespéré (et le plus con), me tomber dans les bras un soir où sortant à quatre, M[arie]-C[laire] H[erpin] et moi, Nour et Françoise12 qu’il avait rencontrée quelques semaines auparavant et avec qui il vit toujours, du moins partiellement, nous avions dîné dans un restaurant italien sur les Grands Boulevards (le nom m’échappe mais je le reconnais chaque fois que je passe devant), dansé au « Club de l’Étoile » où opérait un pianiste alors pas tout à fait inconnu et pas vraiment médiocre (pas Arvanitas mais quelque chose dans ce goût13) puis atterri chez moi, rue de l’Assomption, plus précisément dans la chambre de Lili qui n’y était pas. Esther et David quant à eux étaient en Amérique. Le miracle (car c’était un miracle) eut lieu là, comme un miracle, sans pourquoi ni comment : M[arie]-C[laire] H[erpin] me tomba dans les bras. Je pourrais presque me souvenir du bouleversement que provoqua sa langue dans ma bouche.

Une séance presque identique se déroula au même endroit (la chambre de Lili) quelques années plus tard (en 1959) avec d’autres acteurs : L[ili] et J[acques] L[ederer], Jeannette et moi.

Au matin nous repartîmes tous les quatre (dont au moins moi ivre de bonheur) à Charles-Michels14 (suivant l’itinéraire décrit dans le texte intitulé « Les Barques »).

Le miracle fut de courte durée. J’attendais M[arie]-C[laire] H[erpin] à la sortie de son lycée ou l’accompagnais à son internat près du Luxembourg (lycée Montaigne ? – elle était auparavant à la Pension Serviam rue Gay-Lussac mais l’avait quittée sans doute en octobre 55), j’allais avec elle au cinéma « Le Panthéon », au balcon, où il y avait des fauteuils club pour deux personnes15. Je lui prenais la main et allais jusqu’à lui caresser les genoux. Un jour rue de l’Assomption je la dénudai jusqu’à la ceinture.

Nous devions passer des vacances ensemble, en Vendée, à Saint-Jean-de-Monts (où j’étais allé quelques années après la guerre, peut-être l’année qui suivit la naissance de Marianne16) où une de ses amies, sévrienne je crois, qui habitait au Foyer des jeunes filles de la rue du Docteur-Blanche (en haut de la rue de l’Assomption)17, avait une maison. J’y allai, campant. Elle ne vint pas.

C’est au cours de cet été que je commençai Les Errants. Je me souviens d’une photo : j’avais une barbe, informe et inculte. Je portais une veste saharienne en toile très légère (qui datait de mon voyage en Israël en 5218). J’allume une cigarette, assis au pied d’un arbre. Sur mes genoux, quelques feuillets.

Je mis des mois à oublier M[arie]-C[laire] H[erpin]. Je pense que j’ai dû lui envoyer d’innombrables lettres, l’attendre, la supplier. Je crois qu’en 55-56 elle alla, elle aussi, au foyer du Docteur-Blanche. Elle faisait aussi du piano et avait la même prof que J[acques] L[ederer], laquelle (professeur) habitait la même maison et était une amie des Terzieff. Chaque année, la prof réunissait ses élèves pour une petite fête et je me souviens avoir supplié J[acques] pour qu’il m’emmène avec lui19.

Les Errants raconte l’histoire de quatre musiciens de jazz, blancs, qui traînent à travers le monde et finissent par mourir au Guatemala aux côtés du colonel Árbenz20 : il y a un trompette, un saxo, un batteur et un bassiste. L’un d’eux s’appelle Doug Watkins, ce qui est précisément le vrai nom d’un bassiste (?) d’ailleurs excellent21. Les termes techniques venaient de J[acques] L[ederer] : tempo, riff, chorus, high-hat, etc. Chacun se laissait aller à la musique en rêvant de ce qui le torturait ; l’un d’eux d’une femme, Gloria, transposition de Leïla, la nuit, surnom tunisien que se ou qu’on donnait à M[arie]-C[laire] H[erpin] (et qui est aussi, je crois, le prénom de la fille de Nour ! – il est plus que probable que M[arie]-C[laire] H[erpin] ait été la maîtresse de Nour).

Une grande partie du livre fut écrite aux sports d’hiver, à Noël 55, en Autriche. J’ai oublié le nom de la station ; c’est de l’autre côté de Garmisch, le long du Zugspitze. Il y a un tunnel hitlérien qui passe à travers la montagne, laquelle constitue la frontière22.

Il y avait peu de neige et je passai la plupart de mes après-midi dans un café non loin du chalet où nous vivions (sans doute un groupe universitaire ; nous étions assez peu nombreux ; je me souviens d’un garçon, grand ([il] habitait boulevard Voltaire ; j’allai faire un bridge chez lui un jour, puis le perdis de vue : je ne pense pas que ce soit lui que j’ai revu, il y a deux ans et il y a six mois, juriste, ami de Buin23, mais ce n’est pas impossible) et de deux filles : l’une, petite et vive, rieuse, l’autre plus lourde et plus enfant (il doit y avoir deux, trois photos24) ; ce café était très agréable : du bois clair, des grandes baies : j’y commandai une bière puis un kirsch.

Je terminai Les Errants donc chez M[ichel] R[igout] boulevard Blanqui ; le soir où j’achevai de le taper à la machine, l’on fêta, Michel et moi et un troisième (sans doute le copain algérien ?) d’aller au cinéma. Il y en avait quatre avenue d’Italie (que je retrouvai plus tard, quand j’habitai rue de Quatrefages) (tous sont devenus aujourd’hui des cinémas cons d’exclusivité V. F.). Nous allâmes au premier à droite en descendant vers Monge voir Mardi, ça saignera de – je crois – Hugo Fregonese avec Edgard G. Robinson, film qui, je ne sais plus pourquoi, me plut beaucoup25.

J’avais lu la première page des Errants à la sévrienne amie de M[arie]-C[laire] H[erpin]. Elle la trouva médiocre car sans surprise. Les Errants commençait par : « Demain je serai mort », puis le héros se rappelait que dans son enfance, quand il arrivait au début de la rue où il habitait, [il] s’imaginait qu’il lui restait autant de kilomètres à faire que le numéro de sa maison (au bas de la rue de l’A.26, 18 km pour atteindre le 18) et entamait une course dont il sortait – évidemment – vainqueur.

(J’ai encore cette manie de diviser les trajets connus en un plus ou moins grand nombre d’étapes : par exemple : le trajet de la gare au Moulin27 se subdivise en :

Gare – passage à niveau
Passage – 1er pont
1er pont
du 1er au 2e pont
2pont
2e pont – tournant
[du] 1er tournant au 2e tournant
2e tournant – boîte aux lettres
traversée d’Andé
le chemin jusqu’à la maison aux grandes vitres
la maison aux grandes vitres – la maison au beau jardin
ou la maison des Moulet
ou le grand sapin au sommet du sentier
le sentier
le Moulin)

Duvignaud me reprocha mon manque de précision. J[acques] L[ederer] sans doute la gratuité du langage musical et l’absence de temps. Peu d’autres lurent Les Errants. Très vite, sa lecture me devint insupportable. Finalement, je crois l’avoir jeté (en même temps que plein d’autres textes, dont certains que je regrette)28.

 

Jeudi 18 septembre
10 h 30

J’ai fait un curieux rêve : deux personnes voudraient me rencontrer chacune de leur côté. Je leur donne à toutes deux rendez-vous chez moi (? rue de Quatrefages ?). L’un vient avec un ami, l’autre seul. Nous sortons pour dîner, montons dans une voiture. Celui qui est venu avec un ami est au volant ; l’ami à côté ; celui qui est venu seul est derrière le chauffeur et moi derrière l’ami.

L’ami se retourne. Je le reconnais instantanément : c’est Jean Cayrol29. Il me semble que je l’ai rencontré des années auparavant, mais jamais revu depuis. Je lui dis que j’aimerais beaucoup lui parler. À ce moment-là, j’ai l’intention de lui parler de ses livres. Finalement, il s’écoule beaucoup de temps avant que je ne puisse lui parler (c’est la même soirée mais tard dans la nuit). Sans savoir pourquoi et avec le sentiment d’être stupide, au lieu de lui parler de ses livres, je lui parle de mon premier livre qu’il aurait eu en lecture au Seuil. Il me répond qu’il s’en souvient mais qu’il avait surtout aimé un autre texte, une longue nouvelle intitulée « Le Père », texte dont d’abord je ne me souviens pas, puis qui m’apparaît soudain comme le seul texte vrai que j’aurais jamais écrit. Je lui demande s’il en a encore une copie. Il me répond qu’il va me l’envoyer.

Je note ce rêve parce qu’il y a longtemps que je me dis qu’il faudrait que je fixe mes rêves et parce qu’il se réfère, en partie, à tous mes premiers projets d’écriture et à la destruction (massive) de mes premiers manuscrits30.

Cette destruction est un des événements les plus curieux de mon activité littéraire. Pendant longtemps, j’ai gardé scrupuleusement tous mes textes. À une époque, ils étaient tous dans une petite valise en carton bouilli. Je les classais et regardais périodiquement. J’avais même fait des fiches pour chaque texte (dont des nouvelles très courtes) et même pour des projets. Je ne sais pas quand j’ai jeté la valise et/ou son contenu, mais le fait est que je me suis aperçu ou bien en quittant la rue de Quatrefages ou bien en m’installant rue du Bac que presque tous les textes antérieurs à 63 (ou 62) avaient disparu. Il n’est pas impossible qu’à l’occasion d’un « grand rangement » j’aie cru jeter des doubles. Je ne pense pas avoir jamais voulu détruire ces textes (peut-être Les Errants, sans doute J’avance masqué ou Gradus ad parnassum, mais sûrement pas L’Attentat de Sarajevo, ni des textes comme : « Les Barques », « Manderre », « La Procession » ; et surtout pas les diverses versions de Gaspard pas mort – Le Condottière)31.

J’en reviens à Cayrol. Il lut sans doute (après Wahl et Estang32) L’Attentat. Je le rencontrai beaucoup plus tard, avec Jean Michaud-Mailland. C’est Paris33 qui avait donné L’Attentat à F[rançois] W[ahl] qui faillit le prendre, me demandant d’y retravailler. Mais je partais à l’armée et avais envie d’écrire un autre livre, intitulé, je crois, La Nuit 34. Le titre parut sous la signature d’Elie Wiesel alors que je commençais ; en même temps que le titre de J[acques] L[ederer], Le Prisonnier, était pris par Pingaud35 !

À travers un chemin difficile, La Nuit, brouillonné chez Lefebvre à Navarrenx, puis repris à Paris en trois semaines, au début 59 (grande époque troublée, pré-L.G., rupture avec D[ominique] F[rischer], passion (idiote) pour M[arceline] L[oridan], puis Jeannette mi-abandonnée par Philippe) rue Saint-Honoré, devint Gaspard pas mort, peu apprécié de F[rançois] W[ahl] (je crois me souvenir qu’il fut surtout sensible à un aspect homosexuel du livre, ce qui me troubla énormément) mais qui emballa Lambrichs (je crus que c’était arrivé !)…

J’en reviens à la place d’Italie. Michel avait une amie allemande et celle-ci avait une sœur. En cette époque pour moi d’inhibitions maximales (incapacité de parler à une femme, de faire démarrer un scooter, de téléphoner, d’écrire, etc.), M[ichel] crut bien faire en m’invitant avec les deux sœurs. Le but de la soirée n’était pas une partie carrée ; nous aurions utilisé la chambre à tour de rôle. J’arrivai, très excité mais j’usai d’une tactique évitiste36 qui s’avéra efficace (en tout cas du point de vue de mes inhibitions), à savoir que je vidai à peu près à moi tout seul la bouteille de Rémy-Martin achetée pour l’occasion (à cette époque la Rémy-Martin était ma boisson favorite) : sorti (avec la sœur qui s’appelait Gundrund37) pour laisser la place à M[ichel] et à son amie, je vomis tripes et boyaux dans les caniveaux du boulevard Blanqui. Revenu dans la chambre libérée par les deux autres, je m’affalai et m’endormis, ma plus grande audace ayant été d’enlacer Gundrund. Je crois que ma psychanalyse avait déjà commencé à cette époque ; ce devait donc être après mai 5638. Ce fut d’ailleurs, je crois, une des dernières fois que je vis M[ichel] R[igout], qui je pense m’en voulut de cette expérience ratée.

J’ai un autre souvenir de la place d’Italie : une manif surprise, en octobre 60 je crois (juste avant notre départ pour la Tunisie), partie de la place Monge, où nous nous étions sentis obligés d’aller (je crois qu’il y avait Henri Peretz, Bruno39, quelques normaliens), fut arrêtée place d’Italie par des gardes mobiles ou CRS en cirés noirs porteurs de longs gourdins surnommés bidules. Dans la débandade qui suivit la charge, Pau40 et moi nous empêtrâmes dans un vélomoteur stupidement garé sur le terre-plein central et évitâmes de justesse lesdits bidules41. Ce souvenir est à peu près mon plus haut fait d’armes. Il est évidemment risible si l’on songe aux styles de manif et de répression qui se sont imposés depuis mai 1968.

Bribes en vrac sur la place d’Italie.

Au sommet d’un immeuble neuf donnant sur l’icelle, auraient vécu deux amies de Pau connues par Moncef Loussaief42, l’une pianiste, femme d’un assassin en taule, l’autre (Martine) petite amie de Todorov43. Je n’y suis pas allé, jamais vu la pianiste, mais vu Martine en février (?) dernier lors d’une grande fête (assez sinistre et surtout pour Pau je pense) rue du B[ac]44.

D’autres amis de P[aulette] (ex) Jacques et Michèle D[esbordes]45 vivaient non loin, à Tolbiac. Pau[lette] ne les voit plus. Y étions [allés] quatre ou cinq fois.

De la place d’Italie part-il le car allant à Auxerre sinon à Druyes46.

Un jour (ancien, sans doute 1960) revenus en stop d’Auxerre à Paris dans un camion qui nous lâcha là.

La place d’Italie, ou plutôt le boulevard Blanqui, c’est-à-dire la chambre de M[ichel] sont surtout attachés au souvenir des Errants : je voudrais mieux me souvenir de ce livre mais n’y parviens pas.

Un début d’autre phrase : « À des millions d’années-lumière, Gloria », etc.

Aucun souvenir des lieux, des épisodes, de la chronologie.

Finissent-ils dans le désert ? dans une grotte plutôt. De quoi meurent-ils ? Duv aurait voulu, je crois, que la police les prenne et les descende, quelque chose comme ça.

Il me donna un conseil qui me marqua beaucoup : quand vous parlez d’un objet, il faut le décrire de manière à ce que le lecteur le voie ou puisse au moins l’imaginer. Il m’a dit ça, je crois, à propos d’un « panneau publicitaire » dont je ne disais pas ce qu’il représentait.

Par la rue du Moulin-de-la-Pointe (ou quelque chose comme ça47) on rejoignait Tolbiac et, de la Tombe-Issoire, Villa Seurat48.

L’itinéraire fut plus que fréquemment pratiqué.

Question : en 1956 je passai mes vacances chez P[hilippe] G[uérinat] près de Poitiers49. Suis-je allé vivre quelques jours boulevard Blanqui au retour ? Il me semble que oui. En tout cas, je me suis précipité au cinéma jusqu’à quatre fois par jour. En particulier Qui a tué Harry ? 50. Je dois pouvoir retrouver un carnet de cette année-là.

 

 

 

Photo de G. Perec skieur lors d’un séjour évoqué dans le texte 17.

 

Photo de G. Perec évoquée dans le texte 17.

NOTES

1 Commune des Alpes-Maritimes, non loin de Nice, où Perec fit plusieurs séjours, le premier en mai 1969 en compagnie de Suzanne Lipinska et de Maurice Pons (durant le Festival de Cannes) dans une maison qu’y possédait celle-ci.

2 Le concours d’entrée à l’École normale supérieure de Saint-Cloud.

3 En 1960, Jean Duvignaud est effectivement nommé comme professeur à l’université de Tunis (où on lui confie la chaire de sociologie) et Paulette Perec à Sfax, où Georges la suit.

4 Henri Lefebvre, philosophe marxiste, auteur notamment de Critique de la vie quotidienne (1961), qui devait avoir une certaine influence sur Perec, possédait une maison à Navarrenx, dans les Pyrénées-Atlantiques. Sur les conseils de Duvignaud, qui était son ami, Perec lui rendit fréquemment visite tandis qu’il faisait son service militaire comme parachutiste à Pau (voir dans CPL le récit de deux de ces visites : lettre du 3 août 1958, p. 337-338 ; lettre du 18 août 1958, p. 360).

5 ETACA : École des techniques aéronautiques et de construction automobile (aujourd’hui ESTACA).

6 Livres d’André-Robert Andréa de Nerciat, auteur de romans libertins du dix-huitième siècle dont Mon noviciat ou Les Joies de Lolotte, qui apparaît au chapitre lxvi de La Vie mode d’emploi

7 Henri Lamblin, le père de Bernard Lamblin, époux de Bianca, la cousine de Perec. C’était un bibliophile et à sa mort, en 1950, Esther et David Bienenfeld rachetèrent une partie de sa bibliothèque à sa veuve.

8 Institut des hautes études cinématographiques ; Noureddine Mechri fut réalisateur et producteur de cinéma.

9 Voir le texte 5, n. 13.

10 Les Errants : premier roman de Georges Perec écrit en 1955-1956, jamais publié puis perdu (Perec en dit quelques mots dans la suite du texte). Dans Espèces d’espaces (« La chambre »), Perec, évoquant le projet de Lieux où j’ai dormi, donne en exemple la chambre qu’il occupa à Rock durant un séjour linguistique de vacances durant l’été 1954 (EE, p. 41-47). C’est par Jean Duvignaud, qui y écrivait lui-même, que Perec fut introduit à La Nouvelle NRF où il publia plusieurs comptes rendus de livres (ils ont été réunis et repris dans L’Herne, Georges Perec, 2016, p. 59-63). « Les Barques » est une nouvelle inédite écrite à l’automne 1954, le premier texte de Perec qui ait été conservé (FGP 48, 9, 3, 2, 1-4, tapuscrit de 4 feuillets ; la première page a été publiée en fac-similé dans : Mireille Ribière éd., Parcours Perec, « Colloque de Londres » [mars 1988], Lyon, Presses universitaires de Lyon, 1990, p. 18).

11 Ridha Jemmali, l’un des Tunisiens d’Étampes. Il occupa des fonctions importantes à la SATPEC, la Société anonyme tunisienne de production et d’expansion cinématographique, créée en 1957 pour contribuer au développement d’un cinéma tunisien indépendant, et y fit embaucher Noureddine Mechri en 1960. Plus tard, en 1966, c’est par l’entremise de ce dernier que la SATPEC envisagea de coproduire un film de Jean Michaud-Mailland tiré des Choses (mais qui n’aboutit pas), puis coproduisit en 1973-1974 Un homme qui dort (le film tiré du roman par Georges Perec et Bernard Queysanne).

12 Qui allait effectivement devenir l’épouse de Noureddine Mechri. Il en est question dans un échange de lettres d’août 1960 entre Jacques Lederer et Georges Perec à propos de l’aventure amoureuse qui eut lieu entre Mireille Archinard (future Mme Lederer) et Noureddine Mechri (voir CPL, p. 569 et suiv.).

13 Il s’agit pourtant bien de Georges Arvanitas.

14 Voir le texte 14, n. 13.

15 Ils sont évoqués dans le Je me souviens n° 3 (JMS, p. 799).

16 Ce séjour, qui eut probablement lieu en 1948, est évoqué par Perec dans une fiche de Lieux où j’ai dormi (voir sa reproduction et transcription dans Danielle Constantin, « Lieux où j’ai dormi : pièce inédite », CGP 12, p. 181-185). Marianne Lamblin-Saluden est née en 1946.

17 Le Foyer des lycéennes de la rue du Docteur-Blanche (aujourd’hui lycée d’État Jean-Zay) était un internat public pour les jeunes étudiantes des classes préparatoires parisiennes ; l’amie de Marie-Claire Herpin est « sévrienne », ce qui signifie ici qu’elle prépare le concours d’entrée à l’ENS (École normale supérieure) de filles de Sèvres.

18 Voir le texte 14. Cette photo, qui se trouve dans le Fonds Georges Perec de la Bibliothèque de l’Arsenal (FGP phot. 278) est reproduite à titre illustratif à la fin de ce texte.

19 Jacques Lederer étudia le piano avec Yvonne Coste (qui habitait dans le quinzième arrondissement, rue des Volontaires, un immeuble où résidait également la famille de l’acteur Laurent Terzieff, et organisait chaque année une audition de ses élèves salle Cortot) et demeure un excellent pianiste de jazz. La passion du jazz fut d’ailleurs l’un des points de rapprochement entre Perec et lui au lycée d’Étampes.

20 Président du Guatemala de 1951 à 1954, date à laquelle il fut renversé par un coup d’État organisé par la CIA.

21 Doug Watkins fut effectivement contrebassiste, notamment dans les Jazz Messengers d’Art Blakey. Le choix de ce nom par Perec constitue apparemment une coïncidence.

22 Il s’agit de la station de ski d’Ehrwald, sur le flanc autrichien du Zugspitze ; le « tunnel hitlérien » évoqué par Perec est sans doute celui qui, côté allemand, permet au train de joindre Garmisch-Partenkirchen à Zugspitzplatt, au pied du sommet (il fut achevé au début des années trente). Sur ce séjour autrichien, voir la lettre de Perec à Jacques Lederer (datée de pâques 1956 par l’éditeur) dans CPL, p. 41-42.

23 Yves Buin, psychiatre, poète, écrivain et critique de jazz ; il contribua à la revue Change (fondée entre autres par Jacques Roubaud) où Perec publia en 1970 le grand « Palindrome » (repris dans La Clôture et autres poèmes, dans Œ2, p. 779-785).

24 Quatre ou cinq photos prises à Ehrwald avaient été conservées par Perec (FGP phot. 112, 229, 235, 236, 301) ; au verso des photos 235 et 236, de la main de Georges Perec est écrit : « Ehrwald » ; au verso de la photo 301, toujours de Perec : « Ehrwald 50 » (date fausse). En voir une à titre illustratif à la fin de ce texte.

25 Voir l’évocation de ce jour de la fin d’écriture des Errants dans CPL, p. 37-40. Mardi, ça saignera : film policier américain (Black Tuesday) de Hugo Fregonese de 1954, avec Edward (et non « Edgard ») G. Robinson (Perec ne se trompe pas en évoquant de nouveau ce souvenir dans le texte 61).

26 Probablement pour « rue de l’Assomption ».

27 De la gare de Saint-Pierre-du-Vauvray au Moulin d’Andé (quelques kilomètres de trajet).

28 En novembre 1956, Perec envisage cependant d’écrire une seconde version des Errants, ainsi qu’il le note dans son agenda (FGP 31, 1, 1, 79 v°) ; plus tard, ainsi que le rapporte Paulette Perec, il envisagera même d’en faire un scénario (PGP, p. 42).

29 Écrivain français, résistant, déporté, puis éditeur au Seuil. On lui doit notamment, sur l’expérience concentrationnaire, Lazare parmi nous (un essai paru en 1950), et surtout le commentaire accompagnant le film d’Alain Resnais Nuit et Brouillard (1956) – Poèmes de la nuit et du brouillard étant par ailleurs le titre d’un de ses recueils de poèmes paru en 1945 et le couple « Nuit et Brouillard » figurant dans la contrainte éponyme du cahier des charges de La Vie mode d’emploi Perec avait une connaissance élargie des témoignages et de la littérature sur les camps comme en témoigne son article « Robert Antelme ou la vérité de la littérature » (Partisans, n° 8, janvier-février 1963 ; repris dans LG, p. 87-114), où Cayrol n’est cependant pas cité. Dans une lettre du 27 octobre 1959 à Jacques Lederer, Perec écrit : « Ai vu hier soir Nuit et Brouillard et La Dernière Étape Mes réactions sont curieuses » (CPL, p. 548-549).

30 Perec a pourtant déjà commencé à noter ses rêves au moment où il écrit ce texte (ils seront réunis dans La Boutique obscure qui paraît en 1973 chez Denoël – mais sans celui-ci). Voir un commentaire interprétatif de ce rêve de Lieux par David Bellos dans GPUVDLM, p. 459-460.

31 J’avance masqué (traduction de la devise latine de Descartes, Larvatus prodeo) : roman perdu écrit par Perec en 1960-1961 alors qu’il est à Sfax en Tunisie avec Paulette (il reprend un projet immédiatement antérieur intitulé Le Pêcheur de perles ; on peut s’en faire une idée à travers ce que Perec en dit à Jacques Lederer ou Roger Kleman dans leurs correspondances – voir les lettres de 1960 et 1961 dans CPL, surtout celle du 9 mars 1961, p. 654-655 ; et dans 56 Lettres à un ami, Coutras, Le Bleu du ciel, 2011) ; refusé par Gallimard au milieu de l’année 1961 on en perd ensuite la trace. Gradus ad Parnassum (« Montée au Parnasse » : un ouvrage ainsi nommé est un manuel consacré à la littérature, à la musique ou aux arts) : projet romanesque lui aussi sans trace dont Perec écrit, dans « Je suis né », qu’il n’était qu’une reprise mal remaniée de J’avance masqué et tout aussi nul (dans JSN, p. 9 – J’avance masqué est encore évoqué dans ce texte, p. 10-11). Pour L’Attentat de Sarajevo, voir le texte 5, n. 2. Pour « Les Barques », voir supra n. 10. « Manderre », daté de décembre 1956, est une nouvelle qui pastiche le premier roman de Gide, Paludes (1895) ; elle a été publiée dans le volume Georges Perec de L’Herne (Paris, 2016, p. 28-33), précédée d’une introduction de David Bellos racontant les circonstances de sa découverte de ce texte en Yougoslavie. « La Procession » : nouvelle sous-titrée « Phantasme » et datée du 19 novembre 1957 ; quelques pages de « La Procession » ont été publiées en fac-similé dans : Mireille Ribière éd., Parcours Perec, « Colloque de Londres » (mars 1988), Lyon, Presses universitaires de Lyon, 1990, p. 22-23. Sur Gaspard pas mort, avant-texte du Condottière, voir le texte 5, n. 8. Lorsqu’il écrit ce « souvenir », Perec ne semble pas se rappeler qu’il a offert des exemplaires de certains de ces textes à des amis (qui seront ainsi retrouvés et publiés : L’Attentat de Sarajevo, Le Condottière, Manderre). Quant à « Les Barques » et « La Procession », ils se trouvaient pourtant dans les papiers de Perec, réunis dans une enveloppe marquée « Textes très anciens » (FGP 48, 9, 3, 2, 1-4 ; FGP 48, 9, 3, 1-16).

32 François Wahl, philosophe, et Luc Estang, écrivain, furent tous deux éditeurs au Seuil. Leur lecture de L’Attentat de Sarajevo se situe fin 1957 (le texte fut refusé mais Perec encouragé à continuer à écrire et à soumettre tous ses nouveaux textes – voir le récit de l’entrevue de Perec avec « un gars du Seuil » dans une lettre à Jacques Lederer du 20 décembre 1957 : CPL, p. 64) ; en février 1959, Perec soumit au Seuil Gaspard pas mort, que Luc Estang refusa tel quel (il demanda à Perec de retravailler le texte en lui en faisant néanmoins compliment). C’est finalement Georges Lambrichs qui reçut le livre par l’entremise de Duvignaud et l’accepta pour sa collection « Le Chemin » chez Gallimard – mais le livre ne fut finalement pas remis par Perec (voir le texte 5, n. 20).

33 Jean Paris, universitaire et essayiste (spécialiste notamment de Joyce – Perec avait lu son Joyce par lui-même paru en 1957 dans la collection « Écrivains de toujours » du Seuil puisque Paris remercie Perec pour ses compliments concernant ce livre dans une lettre du 19 juin 1958 – FGP 31, 2, 12) ; Perec lui fut recommandé début 1957 par Jean Duvignaud pour rédiger des comptes rendus de travaux de recherche et des traductions de l’anglais pour la section d’esthétique et de philosophie du Bulletin signalétique du CNRS dont il s’occupait (comptes rendus conservés par Perec sous l’appellation « Abstracts » dans ses papiers – FGP 31, 4, 16, 1-52) ; une correspondance amicale s’ensuivit ; fin 1957, c’est à lui que Perec donne à lire L’Attentat de Sarajevo, qu’il transmet ensuite à François Wahl (dans la lettre du 20 décembre 1957 à Jacques Lederer signalée dans la note précédente, Perec mentionne la fiche de lecture élogieuse rédigée par Paris accompagnant la transmission à Wahl). Dans une lettre du 15 septembre [1958], Jean Paris écrira pourtant à Perec, parlant vraisemblablement de La Nuit ou de Gaspard pas mort d’abord puis de L’Attentat : « Je suis content que vous ayez entrepris un nouveau livre. Le premier manquait de maîtrise, de simplicité. On sentait de l’affectation et une absence d’arrière-plans… » (FGP 31, 2, 9).

34 Voir le texte 5, n. 8.

35 La Nuit d’Elie Wiesel paraît en 1958 aux Éditions de Minuit ; Jacques Lederer avait écrit une longue nouvelle intitulée « Le prisonnier » (voir ce qu’il en dit à Perec dans une lettre du 20 février 1958 – CPL, p. 114), mais Bernard Pingaud (que Perec devait connaître plus tard au Moulin d’Andé et qui écrira le prière d’insérer de la quatrième de couverture de la première édition de La Disparition, « Avis aux lisants » – voir « En marge de La Disparition », dans Œ1, p. 479) sortit un texte du même titre chez Gallimard, également en 1958.

36 Terme assez souvent utilisé par Perec (par exemple au vers 13 du « Compendium » du chapitre li de La Vie mode d’emploi) par emprunt à un néologisme de l’humoriste américain Roger Price dans Le Cerveau à sornettes, sous-titré De l’évitisme en général et de ses rapports avec l’art de la traduction en particulier, livre pour lequel Perec écrivit une préface lors de sa réédition chez Julliard en 1967.

37 Probablement mis par erreur pour Gudrun ou Gudrund, prénom germanique.

38 Date à laquelle Perec commença effectivement une analyse avec Michel de M’Uzan.

39 Vraisemblablement Bruno Queysanne (plutôt que Bruno Marcenac).

40 Surnom de Paulette fréquemment employé par Georges Perec.

41 Il s’agit peut-être d’un à-côté de la manifestation du 27 octobre 1960 contre la guerre d’Algérie à l’appel de syndicats, dont l’UNEF (qui eut lieu devant la maison de la Mutualité), manifestation violemment réprimée. Georges et Paulette se marièrent le 22 octobre puis quittèrent Paris pour la Tunisie le 29 octobre.

42 Moncef Loussaief : ami tunisien de Perec, connu à Paris au Foyer des étudiants de la rue Blainville (voir le texte 89), ensuite devenu psychiatre en Tunisie.

43 Tzvetan Todorov, célèbre théoricien de la littérature. L’amie ici mentionnée par Perec est sans doute celle qui devint sa première épouse, Martine van Woerkens.

44 Au début de l’année 1969, Georges et Paulette ont tenté de reprendre une vie commune dans leur appartement de la rue du Bac, mais février marque l’échec de cette réconciliation (voir PGP, p. 76-78). Cette fête ici mentionnée n’est pas la « dépendaison de crémaillère » qui eut lieu un an plus tard au même endroit, le 28 janvier 1970 (voir le texte 26).

45 Jacques et Michèle Desbordes. Celle-ci était conservatrice-bibliothécaire, comme Paulette, et lui, écrivain ; ultérieurement, Michèle Desbordes mena aussi une carrière littéraire et fut une proche de Jacques Lederer qui, dans Sa dernière journée, évoque sa mort tout comme celle de Perec (Paris, Éditions Léo Scheer, 2007).

46 Druyes-les-Belles-Fontaines (voir le texte 15, n. 5).

47 La dénomination est exacte.

48 Voir le texte 10, n. 10.

49 Ses parents possédaient une maison de famille à Jaunay-Clan.

50 Le titre français exact du film d’Alfred Hitchcock est Mais qui a tué Harry ? (The Trouble with Harry, sorti en France en 1956). Dans la phrase suivante, par « carnet », Perec entend sans doute l’un de ses agendas où il inscrit notamment les films qu’il va voir. Justement, dans celui de 1956 (FGP 31, 1, 1, 60 r° et v°), il note : à la date du lundi 13 août : Mais qui a tué Harry ? et Sourires d’une nuit d’été (comédie dramatique d’Ingmar Bergman – 1955 ; sortie en France en 1956) ; à celle du lendemain : Charlie Chan (personnage de détective américain d’origine chinoise qui a été le héros de nombreux livres et de nombreux films entre 1926 et 1981 – le dernier en date au moment où Perec va au cinéma en 1956 est Charlie Chan et le dragon volant, film de Lesley Selander de 1949), Poisson d’avril (comédie de Gilles Grangier avec Bourvil – 1954), Cet homme est dangereux (film policier de Jean Sacha – 1953) et O Cangaceiro (film d’aventure brésilien de Lima Berreto – 1953) ; et à celle du surlendemain : Oh ! Rosalinda (comédie de Michael Powell et Emeric Pressburger – 1955). Ce souvenir de marathon cinématographique revient avec des variantes dans les textes 65, 95 et 117.

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