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113. Mabillon, souvenir 5

septembre 1974

113
Sept[embre]
Mabillon
Souvenir

9 XII 74
Dans le train entre Paris et Grenoble1

Je passe souvent au carrefour Mabillon. C’est un endroit commode pour prendre le métro qui me ramène à Jussieu et qui, l’année dernière, me ramenait à Ségur. Mais ce n’est pas beaucoup plus qu’une station de métro. Il est devenu exceptionnel que je m’y arrête. La dernière fois, me semble-t-il, c’était avec B[arbara]2. Nous avions dîné « Aux Trois Canettes » et nous avions bu plusieurs armagnacs et whiskies (elle le whisky, moi l’armagnac) au « Old Navy ».

(difficulté d’écrire dans les trains…)

 

II XII 74
Grenoble
« Splendid Hôtel »
Vers 18 h ?

Au carrefour Mabillon se rattachent tous les souvenirs de l’époque où je vécus rue de Seine et juste avant, pendant quelque temps, dans le studio que S[uzanne] me prêtait rue de l’Échaudé (et où j’ai ensuite installé Sylvia et son ami Philippe3).

Plus anciennement : c’est à « La Rhumerie Martiniquaise » que P[aulette] et moi sommes allés prendre un verre (un coca je crois ; ils refusaient de servir des cafés) à la fin de janvier 60 (un dimanche), le premier jour de notre liaison. Je me souviens que je n’avais pas un sou. Quand nous sommes sortis, Paulette était sûre que j’avais payé (pendant qu’elle était aux toilettes) et j’étais persuadé qu’elle s’en était occupée. Nous sommes donc sortis la conscience tranquille. Mais nous n’aurions jamais osé le faire consciemment. Du coup, nous n’avons jamais remis les pieds dans ce café (que d’ailleurs je n’aime pas).

J’y suis pourtant retourné un soir de décembre 68. Je vivais rue de l’Échaudé et j’avais une déprime terrible (liée à mes histoires avec S[uzanne] et Marie-Noëlle4). J’ai appelé Jacques L[ederer] au téléphone et nous sommes allés boire de la vodka à « La Rhumerie ».

Plus anciennement encore : au soir de mon ultra brève aventure avec Marceline5, je l’ai attendue au « Old Navy ». Elle est arrivée très tard, mécontente de me voir (ça devait être en 59).

Des souvenirs plus récents se rattachent à Kate qui a vécu rue de Seine en novembre 73 après le départ de Richard pour New York6. Je lui ai apporté un lit (en mousse) et des couvertures. Plus tard, le souvenir pénible du dîner dans le petit café de la rue de Buci (« Chez Jacques ») avec elle et Guillain Siroun7 rencontré par hasard. Elle est partie traîner à Montparnasse et sur le quai du métro Mabillon j’ai pris la décision de ne plus la revoir (je ne l’ai revue effectivement que dix minutes, trois semaines plus tard, juste avant son départ).

NOTES

1 Perec se rend à Grenoble en train avec Bernard Queysanne le 9 décembre 1974 pour des projections suivies de débats du film Un homme qui dort ; il rentre à Paris le 12.

2 Barbara Keseljevic : voir le texte 26, n. 34 ainsi que les textes 99, n. 10 et 101, n. 5.

3 Voir le texte 14, n. 14.

4 Marie-Noëlle Thibault : voir le texte 14, n. 15.

5 Marceline Loridan : voir le texte 5, n. 6.

6 Kate Manheim et Richard Foreman : voir le texte 99, n. 2.

7 Il s’agit en fait de Guillain Siroux (ou Guillain-Siroux), peintre, graveur et collectionneur de textiles.

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