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52Italie
54Saint-Louis

53. Franklin, souvenir 3

mars 1971

Lieux Mars 71
Souvenir de Franklin-Roosevelt
rue de Seine
jeudi 15.4.71

Pour l’explication des retards, voir au mois précédent, Junot1.

Le plus simple, pour parler de Franklin, serait encore une fois de raconter la fugue. D’ailleurs il ne m’est rien arrivé d’autre, ni avant ni depuis, à Franklin ; c’est un endroit où je ne vais presque jamais.

J’ai dû y passer trois fois ces six derniers mois. En août, en allant dîner chez Koupernik (qui n’était pas là). Avec Michaux2. En décembre, en allant avec Christine voir un film de Fred Astaire (L’Extravagant mister machinchosoff)3.

Chaque fois que j’y passe, je me promets de ne pas l’oublier… mais ouiche comme on pit (comme on dit).

Je remercie le ciel de ne pas avoir beaucoup marché dans Paris avec ­S[uzanne].

C’est surtout à l’occasion des descriptions « réelles » de Franklin que j’ai remarqué (sans doute l’année dernière) à quel point l’endroit avait changé par rapport à celui que j’avais connu en 1947 (je dis 47 mais c’était peut-être 48 ou même 49)4 ; il faudrait que je me livre à des calculs compliqués pour le savoir et j’ai la flemme.

Les éléments sont toujours les mêmes ; le manège est là mais il a été déplacé ; la station de métro n’a pas bougé mais elle a été très modernisée ; les bancs sont là mais il me semble qu’on les a légèrement déplacés ; Le Figaro n’a pas changé ; les buissons sont méconnaissables et aujourd’hui, l’endroit tout entier est défiguré (par rapport à mon souvenir-référence) par l’imminence d’un drugstore à peine inauguré et par les in et out d’un supposé gigantesque parking souterrain5.

NOTES

1 Perec renvoie au texte 51 ; voir également le chapeau introductif du texte 50.

2 Voir le texte 51, n. 5.

3 Christine : plutôt Christine Lipinska que Christine Joannidès (qui apparaît dans l’entourage de Perec surtout à partir de 1972 – voir le texte 83, n. 1). Il s’agit de L’Entreprenant Monsieur Petrov, film de Mark Sandrich (1937) où joue Fred Astaire. Le titre du texte est inventé par Perec à partir de ce dont il se souvient (un nom slave avec une finale en -ov adjointe au français « machin-chose »). Dans le texte 97, son souvenir est plus précis, quoique le titre soit toujours inexact : L’Extravagant Monsieur Petrov (qu’il pense alors être allé voir avec « Stella »).

4 Perec fait ici référence à l’année de sa fugue, effectivement incertaine (voir le texte 14, n. 5).

5 À propos de ce manège et de ces bancs, voir le texte 40, n. 2 et 4.

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